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TANGER: DES PETITS BOULONS DANS LA GRANDE MARE INDUSTRIELLE – MAI 2013

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TANGER: DES PETITS BOULONS DANS LA GRANDE MARE INDUSTRIELLE – MAI 2013

 A propos du développement industriel de la région Nord Maroc dont Tanger est la capitale…

Tanger, Mai 2013

« Industriels de tous pays unissez vous et investissez chez nous. Vous êtes le moteur de notre stratégie de développement. Nous avons remisé au second plan le tourisme, en raison de la saisonnalité trop forte du secteur et des carences en infrastructures d’accueil et d’animation,  pour choisir de miser sur vous, industriels de tous pays. Nous avons créé des zones franches, construit  le plus grand port d’Afrique et de Méditerranée et implanté une usine Renault. Nous, les autorités en charge du développement régional,  sommes là pour vous »

Indeed ?

…Vu sur la zone industrielle de Moghogha – Avril 2013.

Industriels espagnols sous contrat Renault, belles références (rares par les temps qui courent) cherchent bâtiment industriel pour implantation, c’est-à-dire investissement, création d’emplois, versement d’impôts et autres taxes…

Cahier des charges idéal : 1000 m2 bâtiment de plain pied / 1000 m2 terrain /  50 000 dh loyer.

Le produit correspond au coeur de la demande, c’est à dire qu’il est introuvable: la plupart des bâtiments furent construits pour l’industrie textile qui alignait machines à coudre et opératrices sur plusieurs niveaux (jusqu’à 3). Puis…Déclin de la filière textile marocaine. Fermeture de la plupart des unités. Restent les bâtiments…

Lorsque l’idéal apparaît comme incertain la démarche de l’agent immobilier tangérois  consiste à identifier le produit le moins éloigné de l’intention de départ.

Au fur et à mesure de cette quête, l’agent immobilier tangérois en charge de questions industrielles devient alors un être en souffrance. Un malade étrange; un de ceux qui ne présenteraient que des petites brunes à celui qui n’aimerait que les grandes blondes en expliquant qu’avec une bonne décoloration et une paire de talons hauts le résultat est équivalent.

En général l’interlocuteur retourne en Europe de l’Est où il trouve non seulement des grandes blondes, mais également des bâtiments industriels présentables et une main d’œuvre productive.

Donc… Dans la catégorie « produit moins éloigné de l’intention de départ », nous identifions et présentons à notre industriel un bâtiment de 1300 m2 couverts avec 250 m2 de servitude.

Accès difficile, certes : marche arrière sur 150 mètres ; pas de transformateur électrique, re- certes ; pas d’arrivée d’eau, re-re-certes… pas de sanitaires, re-re-re certes…pas d’espace bureau… Et « re » et encore « re » !

Rien qu’une structure métallique… Certains diront que c’est déjà beaucoup sur le site de Moghogha

Et pourtant… Nous transmettons une offre de location à 50 000 dh / mois au propriétaire. L’idée –c’est-à-dire le prix- avait été évoquée auparavant.  Bienvenue…

Et pourtant… Le propriétaire refit ses calculs… Les précédents affichent des déficiences d’appréciation… En réalité, il ne peut être question d’ accepter moins qu’une valorisation de cette magnificense à 40 dh/ m2/m et 30 dh/ m2/m pour les servitudes (bande de terrain de mitoyenneté interdite à la construction) soit 60 000 dh/mois.

-Rappelons au passage que le prix de location d’un appartement du centre ville de Tanger se situe dans une fourchette moyenne de 40 à 50 dh/m2/m.)-

60 000 dh / mois … et la permission accordée au locataire de prendre à sa charge les travaux d’aménagement nécessaires sans aucune compensation d’aucune sorte. Le propriétaire me dit pour justifier sa volte-face « Voyez-vous, monsieur, je n’ai pas besoin d’argent ». Je vois. Je ne vois même que ça autour de moi. Une zone industrielle qui commence à ressembler à un champ de ruines, et des ruines qui sont commercialisées à prix d’or par des propriétaires qui n’ont pas besoin d’argent et se moquent éperdument des histoires d’implantations industrielles…

Il se trouve que le bâtiment objet de cet article est vide de tout occupant depuis 5 ans. Qu’une location à 50 000 dh/mois pendant 5 ans représente une somme de  3 000 000 dh ; celle-ci aurait pue être gagnée paisiblement par un propriétaire dont le seul effort à déployer eût été celui de remuer un stylo au bas des pages d’un contrat de bail.

« Propriétaire, si vous n’avez pas besoin de cet argent, donnez-le, offrez-le. Partez voir la Grande Barrière de Corail ou le Nénuphar Bleu des Iles de la Langouste, achetez 10 logements économiques pour assurer une retraite digne à vos employés les plus méritants, aidez la recherche agronomique, achetez un joueur de football privé, mais de grâce remettez cet argent d’une manière ou d’une autre dans un circuit vertueux. Arrêtez par pitié de chérir le néant » rétorquai-je à peu près, la gorge nouée par l’absurde.

Mais rien n’y fit… Le bâtiment resta vide et les Espagnols partirent sous d’autres cieux…

Et rien n’y fera tant que ne seront pas pénalisées les unités industrielles vacantes, tant que les comportements s’opposant à la création d’emplois, à la perception de recettes fiscales, à l’attractivité de Tanger comme site d’investissement seront protégés, bref  tant que ne sera pas assimilé le fait que la spéculation est le contraire de l’investissement productif et non sa face cachée.

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